Comment bénéficier de L’ACRE en 2026 ?

Dans cet article (montrer) Dans cet article (cacher)

Lors de la création ou de la reprise d’une entreprise, les charges sociales représentent souvent le poste le plus lourd dès la première année d’activité. L’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise) permet d’alléger cette charge en accordant une exonération de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois. 

La réforme de 2026 a modifié en profondeur ses modalités. Voici ce qu’il faut savoir.

L’essentiel : 

  • L’ACRE offre une exonération de cotisations sociales plafonnée à 25 % pendant les 12 premiers mois d’activité.
  • Depuis 2026, la demande d’ACRE est obligatoire dans les 60 jours suivant la création, y compris pour les sociétés.
  • Pour les micro-entrepreneurs, le taux est à 50 % jusqu’au 1er juillet de l’année de création, puis passe à 25 %.
  • L’aide à la création et à la reprise d’entreprise est réservée aux personnes remplissant l’une des 10 conditions d’éligibilité définies par l’URSSAF.
  • L’ACRE est cumulable avec l’ARE (allocations mensuelles) ou l’ARCE (capital chômage).

Qu’est-ce que l’ACRE et à quoi sert cette aide à la création d’entreprise ?

L’ACRE, ou Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise, est un dispositif public qui permet aux nouveaux créateurs d’entreprise de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales durant la première année d’activité.

Les cotisations concernées sont : 

  • l’assurance maladie ;
  • la maternité ;
  • la retraite de base ;
  • l’invalidité-décès ;
  • les allocations familiales.

En revanche, la CSG/CRDS et les cotisations de retraite complémentaire restent dues dans tous les cas, quelle que soit la situation.

À noter : l’ACRE ne dispense pas du paiement de toutes les charges sociales. Elle allège uniquement certaines cotisations listées ci-dessus, pendant les 12 premiers mois d’activité.

Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’ACRE ?

L’ACRE n’est pas universelle. Pour en bénéficier, vous devez correspondre à l’une des situations suivantes au moment de la création ou reprise d’entreprise :

  • être demandeur d’emploi indemnisé (ARE ou ASP) ;
  • être demandeur d’emploi non indemnisé, inscrit à France Travail depuis au moins 6 mois sur les 18 derniers mois ;
  • être bénéficiaire du RSA ou de l’ASS (allocation de solidarité spécifique) ;
  • avoir entre 18 et 25 ans révolus ;
  • avoir moins de 30 ans, ne pas percevoir l’ARE et être reconnu handicapé ;
  • être salarié ou ex-salarié d’une entreprise en procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire) ;
  • bénéficier d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) ;
  • créer une entreprise dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR ou ZFRR+) ;
  • créer une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ;
  • bénéficier de la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant).

Attention : pour les sociétés comptant plusieurs associés (SAS, SARL…), seul l’associé exerçant un contrôle effectif sur la société peut bénéficier de l’ACRE. Dans une SASU ou une EURL, le fondateur unique est toujours éligible.

La réforme de l’ACRE en 2026 : ce qui a changé

La réforme de l’ACRE entrée en vigueur en 2026 modifie trois points essentiels par rapport au dispositif précédent.

Un plafond d’exonération réduit à 25 %

Avant la réforme, l’exonération de cotisations sociales pouvait être totale pour les revenus inférieurs à 1 PASS. 

Depuis 2026, l’ACRE est plafonnée à 25 % des cotisations sociales, quel que soit le niveau de revenu. L’exonération reste dégressive au-delà de 1 PASS et disparaît au-delà de 1,3 PASS (62 478 €).

Une demande obligatoire dans les 60 jours pour tous

La demande d’ACRE est désormais obligatoire pour tous les créateurs, y compris pour les sociétés. Avant 2026, les sociétés bénéficiaient d’une attribution automatique. Ce n’est plus le cas : vous devez déposer votre demande auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant la date de création de votre entreprise.

Attention : passé le délai de 60 jours, vous ne pouvez plus demander l’ACRE rétroactivement. Pensez à effectuer cette démarche dès votre immatriculation, en parallèle de vos autres formalités.

Un taux spécifique pour les micro-entrepreneurs jusqu’au 1er juillet

Pour les micro-entrepreneurs, l’application de l’ACRE est différée dans un premier temps : le taux d’exonération est de 50 % jusqu’au 1er juillet de l’année de création, puis passe à 25 % pour le reste de la période de 12 mois.

Quel montant d’exonération avec l’ACRE en 2026 ?

Le montant de l’exonération de cotisations sociales accordée par l’ACRE dépend de vos revenus professionnels annuels. En 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 €.

Revenu professionnel annuelNiveau d’exonération ACRE
Inférieur à 48 060 € (1 x PASS)Exonération plafonnée à 25 % des cotisations sociales
Entre 48 060 € et 62 478 € (1,3 x PASS)Exonération partielle dégressive
Supérieur à 62 478 €Aucune exonération

Pour les micro-entrepreneurs, un taux de 50 % s’applique jusqu’au 1er juillet de l’année de création, avant de basculer à 25 % pour le reste de la période couverte par l’ACRE.

Comment faire la demande d’ACRE en 2026 ?

La demande d’ACRE s’effectue en ligne. Vous devez télécharger et remplir le formulaire de demande, puis le transmettre à votre URSSAF dans les 60 jours suivant la date de création de votre entreprise.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création transitent par le Guichet unique de l’INPI. Vous pouvez effectuer l’immatriculation seul sur procedures.inpi.fr, ou vous faire accompagner par un professionnel (avocat, expert-comptable, plateforme juridique en ligne). La demande d’ACRE, elle, se fait séparément auprès de l’URSSAF.

FAQ

L’ACRE est-elle cumulable avec les allocations chômage ?

Oui. L’ACRE est cumulable avec d’autres aides à la création d’entreprise comme l’ARE (maintien mensuel des allocations chômage) ou l’ARCE (versement de 60 % des droits ARE restants en capital). Ces dispositifs répondent à des besoins différents : l’ACRE allège vos charges sociales, tandis que l’ARE ou l’ARCE soutient vos revenus pendant le lancement. Vous pouvez activer les trois simultanément si vous remplissez les conditions d’éligibilité.

Que se passe-t-il à l’issue des 12 mois d’ACRE ?

À l’issue des 12 mois, vous basculez sur le régime de cotisations sociales de droit commun. Selon votre structure et votre niveau de revenus, la hausse peut être significative. Anticipez-la dans votre prévisionnel financier dès la création de votre entreprise pour éviter tout choc de trésorerie.

Peut-on bénéficier de l’ACRE lors d’une deuxième création d’entreprise ?

Seulement si vous n’avez pas déjà bénéficié de l’ACRE au cours des trois dernières années. Ce délai de carence s’applique quelle que soit la forme juridique de la nouvelle entreprise. Si ce délai est écoulé, vous pouvez à nouveau déposer une demande d’ACRE dans les 60 jours suivant votre nouvelle immatriculation.

Donnez votre avis

5.0/5 · basé sur 5 votes

Vous aimez cet article ? Partagez !