Panorama du tissu associatif français

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Après un léger fléchissement au début des années 2010, le secteur associatif est de nouveau en plein essor et dépasse les 70 000 créations d’association par an. Malgré un nombre d’associations en France s’élevant à 1,3 million et 2 millions de salariés, ce secteur reste largement méconnu en ce qui concerne ses spécificités. Nous vous présentons dans cet article les principales caractéristiques du tissu associatif français ! 

Quels sont les principaux domaines d’activité associatifs ?

Au moment de la déclaration d’une association, le greffe est dans l’obligation de procéder à son inscription au RNA, le Registre National des Associations. Chaque association est répertoriée dans ce registre via l’attribution d’un “thème” correspondant à son secteur d’activité.

Pour bien comprendre le tissu associatif français, il faut connaître la répartition des secteurs d’activité. En France, il existe 29 thèmes et près de 300 sous-thèmes. Pour autant, et malgré la pluralité des possibilités, plus de 50 % des créations d’associations se répartissent entre 3 thèmes principaux :

culture : 24 % ;
sport : 16,6 % ;
loisirs 12 %.

Quelles sont les régions les plus dynamiques ?

En France, la moyenne est de 10,3 créations d’associations pour 10 000 habitants pour la période de 2021 à 2024.

Parmi les territoires les plus dynamiques en termes de création d’associations, on trouve les départements du sud de la France, plusieurs départements d’outre-mer, ainsi que Paris, dont le statut de capitale favorise une forte activité associative. Ces territoires comptent plus de 12 créations d’associations pour 10 000 habitants en moyenne annuelle.

Qui sont les bénévoles ?

Le tissu associatif français repose en grande partie sur l’engagement associatif des Français : ce sont environ 12,5 millions de bénévoles qui s’engagent chaque année !

Le profil de ces bénévoles, qui représentent près de 90 % des effectifs des associations, reste très diversifié. Mais on constate une hausse d’engagement chez les 25 – 34 ans (30 % en 2024 pour 22 % en 2019).

Les bénévoles ne sont pas les seuls à s’investir, puisque chaque année, ce sont plus de 80 000 jeunes qui décident d’effectuer un service civique au sein d’une association.

Quelle est la part représentée par les salariés ?

Ces dernières années, la part des salariés dans le milieu associatif a progressé. On compte désormais 1 905 614 salariés, soit 8,9 % de l’ensemble des effectifs du secteur privé en France. Chaque année, ce sont 49,44 milliards d’euros de salaire qui sont versés aux salariés du secteur associatif.

Pour autant, seules 154 650 associations emploient des salariés, ce qui représente environ 10 à 11 % d’associations actives. Fait notable, 56 % des salariés travaillent dans des associations investies dans le secteur sanitaire et social (santé, action sociale sans hébergement, hébergement médico-social).

Quelles sont les préoccupations des dirigeants du tissu associatif en France ?

​​Selon les données récentes, les dirigeants du tissu associatif expriment trois préoccupations majeures : 

  • Le maintien et le renouvellement des bénévoles : c’est une préoccupation centrale des dirigeants. Le nombre global de bénévoles reste stable, mais la baisse de l’engagement des seniors et l’accès inégal à l’engagement selon le niveau de diplôme préoccupent. D’autant plus que près de 90 % d’associations reposent exclusivement sur le bénévolat.
  • La recherche de financements : elle reste un défi majeur, notamment la baisse des dons associatifs ou la difficulté d’obtenir des subventions.
  • Le renouvellement des dirigeants bénévoles : de nombreuses associations peinent à trouver des personnes prêtes à assumer la gestion et les responsabilités liées à ces fonctions, ce qui peut fragiliser leur pérennité.

Au-delà des défis humains et financiers s’ajoutent des obligations administratives parfois mal connues, mais essentielles pour garantir la conformité et éviter des sanctions. C’est particulièrement le cas lors de la modification des statuts : tout changement concernant le nom, l’objet, le siège social, la composition du bureau ou le fonctionnement des instances doit être adopté selon les règles prévues et déclaré à la préfecture dans un délai de trois mois. La modification des statuts d’une association fait l’objet d’une déclaration, sans quoi elle n’est pas opposable aux tiers. Si les dirigeants omettent de faire cette déclaration, ils s’exposent à une amende de 1.500 € (3.000 € en cas de récidive) et possiblement le retrait des subventions publiques.

Quelles sont les mesures soutenant le tissu associatif français ?

Le 1er juillet 2021, deux textes législatifs relatifs aux associations ont été promulgués : ces lois favorisent l’engagement associatif et modernisent le fonctionnement des associations. Elles ont notamment pour but d’alléger la responsabilité des dirigeants bénévoles. En effet, en cas de dissolution ou liquidation de l’association, la faute de négligence est appréciée au regard du statut bénévole ou non du dirigeant. En outre, ces deux lois viennent améliorer la trésorerie des associations. Par exemple, les associations ont la possibilité de conserver les excédents des subventions perçues. Enfin, elles visent à favoriser l’emploi au sein des associations : les associations ayant moins de dix salariés peuvent par principe bénéficier du dispositif “Impact emploi”. Mis en place par l’URSSAF, il permet une prise en charge par un organisme tiers de l’ensemble des formalités relatives à l’embauche des salariés.

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